Scénariste – Extrait de cours gratuit 2e partie

Comment démarquer votre scénario!

(Formation des scénaristes – Extrait de cours gratuit) Nous avons vu, dans l’extrait de cours précédent, qu’écrire un scénario c’est d’abord écrire un premier jet, soit un texte de départ. Nous avons vu aussi que ce premier jet est un texte composé de phrases que l’on écrit spontanément.

Le premier jet n’est donc pas réfléchi et il s’agit souvent d’une simple suite d’idées, de descriptions, de mots que nous écrivons comme ils nous viennent à l’esprit.

Au début, il vaut mieux s’en contenter et ne pas chercher à corriger ou à améliorer ses phrases. Il faut profiter de l’enthousiasme et du plaisir intense de raconter, de décrire ce que vivent les personnages. Bref, il vaut mieux se laisser entraîner par le récit, quitte à en effacer des passages par la suite. Ce premier jet est donc un élan créateur dont on doit profiter pour faire progresser notre histoire.

Ensuite, une fois cette partie de l’histoire complétée, il sera temps de relire et de perfectionner nos phrases. Un premier jet étant toujours un brouillon, on peut rarement s’en satisfaire. Parfois, il vous paraîtra bon dès le départ. Il vaut mieux alors prendre quelques jours de distance. Avec un peu de détachement, vous  y trouverez des failles, c’est immanquable.

Ne faites cependant pas l’erreur de relire des phrases une à une pour les corriger aussitôt. Lisez-en plusieurs en entier avant de chercher à les améliorer. Vous devez comprendre le contexte, ce qui entoure les phrases, avant de la modifier. Ainsi, vous ne travaillerez pas inutilement si vous avez mal interprété le sens d’une partie de phrase, ce qui est fréquent.

 

Écrire un scénario c’est aussi relire. Vous devez vous assurer que vos phrases ne comportent pas de mentions inutiles, de répétitions et de mots qui ne veulent rien dire pour un réalisateur.

Assurez-vous aussi que vous écrivez bien pour le cinéma et non pas pour un roman. Par exemple, si vous décrivez un homme qui s’approche de votre personnage, le texte ne dira pas simplement:

Au loin un homme s’approche et Maxime l’entend, inquiet.

Le texte dira plutôt quelque chose comme:

Des pas se font entendre dans le lointain et Maxime s’en inquiète.

Vous pouvez aussi chercher à intensifier le rythme de la phrase lorsque la situation s’y prête, comme dans :

Des pas se font entendre dans le lointain. Maxime tourne brusquement la tête, l’air inquiet.

À propos du rythme, nous pouvons parfois considérer que moins un message exigera de mots pour être compris plus son rythme sera élevé :

Des pas se font entendre au loin. Maxime tourne la tête d’un air inquiet.

Voici un exemple de l’influence du nombre de mots sur le rythme de la phrase.

D’abord, voici un rythme lent, plus adapté au roman:

Monsieur le maire, je suis venu vous prévenir que vous devriez vous rendre tout de suite à l’hôtel de ville parce qu’il est en feu!

Rythme élevé, pour le cinéma, tenant compte de l’image, évidemment:

Venez vite, votre hôtel de ville est en feu!

Dans les deux cas, le message est clair. L’hôtel de ville est en feu et on avertit le maire. Mais il suffit de dire « VOTRE hôtel de ville est en feu« , pour identifier le maire en un éclair.

Décrivez vos scènes selon les règles établies.

Ne cherchez surtout pas à inventer vos propres règles car vous seul les connaissez. Rappelez-vous que vous ne devez pas décrire les images en utilisant le mot « cadrage » car c’est un mot réservé au réalisateur.

Il faut donc éviter les phrases contenant les mots – on voit – il voit – la caméra montre.

On voit un homme s’approcher du maire en courant.

La caméra montre un homme s’approchant du maire en courant.

En caméra subjective, le maire voit un homme courir vers lui.

Ce sont les scènes qu’il faut décrire et pas ce que voit la caméra. Comme dans cet exemple:

Un homme s’approche en courant du maire qui se retourne aussitôt vers lui.

Si vous avez un petit côté réalisateur, vous aurez peut-être du mal à résister à cette tentation de décrire le contenu des cadrages au lieu de décrire ce qui se passe dans la scène… (La suite dans les cours.)